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Immigration

Titre de séjour investisseur au Luxembourg : voies, conditions et démarche

Par Maître Cora Maglo, Avocate à la Cour30 juin 2026Mis à jour le 5 juillet 202617 min

Relu et validé par un avocat inscrit au Barreau de Luxembourg.

Réponse rapide

Un ressortissant de pays tiers peut obtenir un titre de séjour investisseur au Luxembourg en engageant un investissement qualifié (entreprise existante ou à créer, structure de gestion, ou dépôt bancaire) atteignant les seuils légaux, après avis favorable du ministère compétent, puis autorisation de la Direction de l'immigration. Le titre vaut trois ans, renouvelable, sous contrôle du maintien de l'investissement.

Le Luxembourg propose, depuis la réforme de 2017 modifiant la loi du 29 août 2008 sur l'immigration, un titre de séjour investisseur pour les ressortissants de pays tiers, via quatre voies : entreprise existante, entreprise à créer, structure d'investissement et de gestion, ou dépôt bancaire. La procédure est à deux niveaux : avis du ministère de l'Économie ou des Finances sur le projet, puis autorisation de la Direction de l'immigration (MAE), déposée avant l'entrée. Le titre est valable trois ans, renouvelable, sous contrôle annuel. L'immobilier locatif principal est exclu.

En bref

  • Voie d'investissement identifiée et adaptée à l'objectif patrimonial.
  • Seuil légal vérifié sur la source officielle à jour (Guichet.lu, ministère compétent).
  • Projet hors objet immobilier locatif principal (exclu du régime).
  • Siège social luxembourgeois de l'entreprise ou de la structure confirmé.
  • Origine des fonds tracée et conforme aux règles LBC/FT.
  • Substance documentée pour la voie structure de gestion (locaux, moyens, deux salariés).
  • Dossier d'avis ministériel constitué (Économie ou Finances) et dossier personnel complet.
  • Demande déposée avant l'entrée sur le territoire, engagement de maintien formalisé.
  • Stratégie de contrôle annuel et de renouvellement anticipée.
Les conditions à réunir
ConditionExplicationRisque si non respectée
Atteindre le seuil de la voie choisieLe montant qualifié (500 000, 3 000 000 ou 20 000 000 euros selon la voie) doit être réel, traçable et conforme à l'objet admis.Avis défavorable du ministère, refus de l'autorisation de séjour.
Siège social au LuxembourgL'entreprise ou la structure cible doit avoir son siège social au Grand-Duché.Inéligibilité de l'investissement au régime.
Engagement de maintien dans la duréeMaintien de l'investissement (3 ou 5 ans selon la voie, ou maintien du dépôt).Non-renouvellement, voire retrait du titre.
Substance appropriée (voie structure de gestion)Locaux, moyens techniques, humains, financiers, relations contractuelles, et au moins deux salariés à temps plein non bénéficiaires.Avis défavorable ; requalification possible lors du contrôle.
Exclusion de l'immobilier locatifL'investissement ne doit pas avoir pour objet principal l'achat et la location de biens immobiliers.Rejet du projet.
HonorabilitéExtrait de casier judiciaire ou déclaration sur l'honneur du pays de résidence.Refus pour motif d'ordre public.
Ressources suffisantes et couverture maladieLe demandeur doit justifier de moyens propres et d'une assurance.Refus de l'autorisation de séjour.
Origine licite des fondsConformité aux règles de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme.Avis défavorable, signalements.

Définition précise : le titre de séjour investisseur

Le titre de séjour investisseur est une autorisation de séjour de plus de trois mois, réservée aux ressortissants de pays tiers (hors Union européenne, Espace économique européen et Suisse), qui s'établissent au Luxembourg en réalisant un investissement substantiel dans l'économie nationale.

Il se distingue du titre de séjour salarié, de la carte bleue européenne (travailleur hautement qualifié) et du titre d'indépendant ou créateur d'entreprise : ici, le fondement du séjour n'est pas une activité professionnelle salariée mais un apport en capital qualifié, maintenu dans le temps et soumis à un contrôle de substance.

Ce dispositif ne constitue pas un programme de « citoyenneté contre investissement ». Il n'ouvre pas, à lui seul, un droit à la nationalité luxembourgeoise : il s'agit d'un droit de séjour, dont la transformation éventuelle en résidence longue durée puis en naturalisation obéit à des conditions distinctes (notamment de durée de séjour et d'intégration).

Les différentes voies d'investissement

La loi prévoit quatre voies, identifiées par Guichet.lu et les ministères compétents. Les seuils ci-dessous reflètent les montants publiés au moment de la rédaction. Ils doivent être confirmés au cas par cas auprès de la source officielle, car ils peuvent être révisés.

1. Investissement dans une entreprise existante. Un apport d'au moins 500 000 euros dans une entreprise ayant son siège social au Luxembourg, avec engagement de maintenir l'investissement pendant au moins cinq ans. Instruction par le ministère de l'Économie.

2. Investissement dans une entreprise à créer. Un apport d'au moins 500 000 euros dans une société à constituer ayant son siège social au Luxembourg, avec engagement de maintien d'au moins trois ans, et un plan d'affaires démontrant la création ou le maintien d'emplois. Instruction par le ministère de l'Économie.

3. Investissement dans une structure d'investissement et de gestion. Un apport d'au moins 3 000 000 euros dans une structure existante ou à créer, ayant son siège social au Luxembourg et y maintenant une substance appropriée (activité, locaux professionnels, ressources techniques, humaines et financières, relations contractuelles), avec au moins deux salariés à temps plein qui ne sont pas bénéficiaires de la structure. Instruction par le ministère des Finances.

4. Dépôt auprès d'un établissement financier. Un dépôt d'au moins 20 000 000 euros auprès d'un établissement financier établi au Luxembourg, assorti d'un engagement de maintien. Instruction par le ministère des Finances.

Point commun et limite essentielle : les investissements ayant pour objet principal l'achat et la location de biens immobiliers sont exclus de ce dispositif.

Cadre juridique

Le fondement textuel se trouve dans la loi modifiée du 29 août 2008 sur la libre circulation des personnes et l'immigration, telle que complétée par la loi du 8 mars 2017 qui a introduit le régime de l'investisseur. Le texte consolidé est publié sur Légilux.

L'autorité compétente pour délivrer l'autorisation de séjour est la Direction de l'immigration du ministère des Affaires étrangères et européennes. L'appréciation du projet d'investissement relève, en amont et selon la voie choisie, du ministère de l'Économie (entreprises existantes ou à créer) ou du ministère des Finances (structures de gestion et dépôts bancaires).

La logique du régime est double : d'une part vérifier la réalité et la consistance économique de l'investissement (avis du ministère sectoriel) ; d'autre part contrôler la situation personnelle du demandeur au regard des conditions générales d'immigration (honorabilité, ressources, couverture maladie, logement). Le maintien du titre est conditionné au respect durable de l'engagement d'investissement, vérifié notamment lors d'un contrôle annuel.

Les conditions à réunir

L'octroi du titre suppose de réunir un ensemble de conditions cumulatives. Il faut atteindre le seuil de la voie choisie (500 000, 3 000 000 ou 20 000 000 euros selon la voie), avec un montant réel, traçable et conforme à l'objet admis. L'entreprise ou la structure cible doit avoir son siège social au Luxembourg, et l'engagement de maintien de l'investissement (3 ou 5 ans selon la voie, ou maintien du dépôt) doit être formalisé.

Pour la voie structure de gestion, une substance appropriée est exigée : locaux, moyens techniques, humains et financiers, relations contractuelles, et au moins deux salariés à temps plein non bénéficiaires. L'immobilier locatif ne doit pas constituer l'objet principal de l'investissement.

S'y ajoutent les conditions personnelles d'immigration : honorabilité (extrait de casier judiciaire ou déclaration sur l'honneur), ressources suffisantes et couverture maladie, et origine licite des fonds conforme aux règles de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. Le tableau ci-dessous récapitule chaque condition et le risque encouru. Cette liste est indicative : l'appréciation finale dépend notamment de la voie retenue, du dossier économique et de la situation personnelle du demandeur.

Obtenir le titre : la procédure étape par étape

1. Cadrage en amont. Détermination de la voie d'investissement adaptée, structuration juridique et fiscale, vérification de l'éligibilité du projet et de l'origine des fonds.

2. Demande d'avis sur le projet d'investissement. Dépôt d'un dossier auprès du ministère compétent (Économie ou Finances selon la voie), comprenant la description du projet, le plan d'affaires le cas échéant, et les justificatifs financiers.

3. Obtention de l'avis. Le ministère rend un avis sur le projet d'investissement. Un avis favorable est requis pour poursuivre.

4. Demande d'autorisation de séjour temporaire. Dépôt du dossier auprès de la Direction de l'immigration, avant l'entrée sur le territoire. Le dossier joint l'avis ministériel et les pièces personnelles.

5. Décision de la Direction de l'immigration. Délivrance, le cas échéant, de l'autorisation de séjour temporaire (valable 90 jours pour permettre l'entrée et les démarches).

6. Entrée, déclaration d'arrivée et formalités. Déclaration d'arrivée à la commune, examen médical et constitution du dossier pour le titre.

7. Délivrance du titre de séjour investisseur. Titre valable trois ans, renouvelable.

8. Contrôle annuel. Vérification du maintien de l'investissement et des engagements (formulaire de vérification annuelle), notamment un an après la délivrance.

Toute demande introduite depuis le territoire luxembourgeois est, en principe, irrecevable : la demande doit être déposée et favorablement décidée avant l'entrée.

Documents nécessaires

Le dossier repose sur des pièces personnelles et économiques. Sont notamment attendus la copie intégrale du passeport en cours de validité, l'extrait de casier judiciaire ou déclaration sur l'honneur du pays de résidence, le dossier décrivant le projet d'investissement (et le plan d'affaires pour une entreprise à créer), ainsi que les justificatifs du montant et de l'origine licite des fonds.

S'y ajoutent la preuve du siège social luxembourgeois de l'entreprise ou de la structure cible, l'engagement de maintien de l'investissement sur la durée requise, une attestation sur l'honneur le cas échéant, le justificatif de ressources et de couverture maladie, la preuve de logement au Luxembourg, et le justificatif du paiement de la taxe de chancellerie applicable. Pour la voie structure de gestion, il faut fournir les éléments de substance et les contrats de travail des deux salariés à temps plein. La composition exacte du dossier varie selon la voie et la situation ; se référer aux formulaires officiels de Guichet.lu et des ministères.

Délais et coûts

Le délai global dépend de deux instructions successives : l'avis du ministère sectoriel sur le projet d'investissement précède le traitement par la Direction de l'immigration. Il faut donc anticiper plusieurs mois entre le dépôt du dossier d'investissement et l'obtention effective du titre, sans garantie de durée, le calendrier dépendant notamment de la complexité du montage, de la complétude du dossier et de la charge des administrations. L'autorisation de séjour temporaire, une fois accordée, est valable 90 jours pour entrer et accomplir les formalités.

Le régime n'a pas pour vocation de générer des « frais de programme » forfaitaires. Les coûts à anticiper relèvent de trois catégories. Les frais administratifs : taxes de chancellerie liées au titre de séjour et, le cas échéant, frais d'autorisation d'établissement pour les montages impliquant une activité commerciale ou artisanale.

Les frais de structuration : constitution de société, honoraires juridiques, comptables et notariaux, frais de domiciliation et de substance (notamment pour la voie structure de gestion). Enfin, le coût du capital investi : l'investissement lui-même n'est pas un « droit » mais un engagement économique, immobilisé pour la durée requise. Aucun prix global ne peut être annoncé de façon fiable ; se reporter aux barèmes officiels en vigueur.

Risques juridiques et erreurs fréquentes

Le premier risque est un avis défavorable sur le projet d'investissement : il s'atténue par un cadrage en amont, un dossier économique solide et le choix de la bonne voie. L'investissement requalifié comme immobilier locatif, la substance insuffisante (voie structure de gestion), le non-maintien de l'investissement et une origine des fonds non démontrée figurent parmi les risques recensés dans la matrice ci-dessous. Une demande déposée depuis le territoire est en principe irrecevable.

Les erreurs fréquentes sont identifiées : confondre le titre investisseur avec un « visa doré » immédiat ou un droit à la nationalité ; sous-estimer l'exigence de substance pour la voie structure de gestion (deux salariés effectifs, moyens réels) ; bâtir un projet dont l'objet principal est l'immobilier locatif, exclu du régime.

S'y ajoutent le dépôt de la demande après l'entrée au Luxembourg, la négligence de la traçabilité de l'origine des fonds (point central de l'instruction), l'oubli de l'engagement de maintien et du contrôle annuel qui conditionnent le renouvellement, et le choix de la mauvaise voie au regard de l'objectif patrimonial et du ministère compétent.

Cas pratiques

Cas 1 : investisseur hors UE, montage simple. Un entrepreneur ressortissant d'un pays tiers souhaite injecter 500 000 euros dans une PME luxembourgeoise existante. Il s'engage à maintenir l'apport cinq ans. Le dossier est instruit par le ministère de l'Économie, puis transmis à la Direction de l'immigration. La clé est la réalité économique de l'apport et la conformité de l'origine des fonds. Le titre, une fois délivré, reste subordonné au maintien de l'investissement.

Cas 2 : structuration via holding et résidence. Une famille internationale envisage une structure d'investissement et de gestion au Luxembourg avec un apport de plus de 3 000 000 euros, en parallèle d'une réflexion sur une société de participation financière. Ici, la substance est déterminante : locaux, moyens, deux salariés à temps plein non bénéficiaires. La structuration de holding et le séjour investisseur sont deux questions juridiques distinctes mais coordonnées ; la qualification du véhicule et la documentation de la substance conditionnent l'avis favorable.

Cas 3 : refus et recours. Un demandeur reçoit une décision de refus de la Direction de l'immigration. Avant tout contentieux, un recours gracieux peut être adressé au ministre ; il ne suspend toutefois pas les délais. Sur le fondement de la loi du 29 août 2008, un recours peut être porté devant le tribunal administratif dans les formes et délais ordinaires, le délai contentieux étant en principe de trois mois à compter de la notification de la décision et de l'information sur les voies de recours. L'analyse des motifs du refus oriente la stratégie.

Comparaison des titres et arbre de décision

Le titre investisseur se compare utilement à la carte bleue européenne et au titre d'indépendant ou créateur d'entreprise. Le tableau ci-dessous met en regard le fondement, le seuil financier, l'autorité d'instruction, le traitement de l'objet immobilier locatif, la durée du titre et le contrôle dans le temps. Le seuil de salaire de la carte bleue européenne est révisé annuellement par règlement ministériel ; il convient de vérifier la valeur en vigueur l'année de la demande sur Guichet.lu.

Un raisonnement simple guide le choix. Êtes-vous ressortissant d'un pays tiers ? Si non (UE, EEE, Suisse), ce régime ne vous concerne pas. Votre objectif est-il un apport en capital plutôt qu'un emploi ou une activité indépendante ? Si non, envisager la carte bleue européenne ou le titre d'indépendant.

Selon le montant mobilisable : 500 000 € dans une entreprise existante (5 ans) ou à créer (3 ans) oriente vers la voie Économie ; 3 000 000 € dans une structure d'investissement et de gestion avec substance, ou 20 000 000 € en dépôt bancaire, vers la voie Finances. Le projet a-t-il pour objet principal l'immobilier locatif ? Si oui, il est exclu : revoir la structuration. Enfin, l'origine des fonds doit être pleinement traçable, et la demande déposée avant l'entrée au Luxembourg pour être recevable.

Ce que retient Cerno Law Firm

Le titre de séjour investisseur luxembourgeois est un dispositif sélectif, articulé autour d'un investissement réel et maintenu, et non d'un paiement forfaitaire. Sa réussite tient à trois facteurs : le choix de la bonne voie au regard de l'objectif patrimonial, la solidité économique et la traçabilité du projet, et la rigueur procédurale, notamment le dépôt avant l'entrée et la documentation de la substance.

Les seuils et conditions évoluant, toute démarche doit s'appuyer sur les textes et formulaires officiels en vigueur. Une analyse personnalisée permet d'éviter les écueils les plus coûteux, en particulier la requalification immobilière, l'insuffisance de substance et les fragilités sur l'origine des fonds. Le cabinet d'avocats Cerno Law Firm accompagne les investisseurs internationaux et les entrepreneurs dans l'analyse de leur projet d'établissement, le choix de la voie adaptée et la conduite des démarches en immigration.

Matrice des risques juridiques
RisqueProbabilitéGravitéMesure d'atténuation
Avis défavorable sur le projet d'investissementMoyenneÉlevéeCadrage en amont, dossier économique solide, choix de la bonne voie.
Investissement requalifié comme immobilier locatifMoyenneÉlevéeStructurer le projet hors de l'objet exclu, documenter l'activité réelle.
Substance insuffisante (voie structure de gestion)MoyenneÉlevéeLocaux, moyens, deux salariés effectifs non bénéficiaires.
Non-maintien de l'investissementFaible à moyenneÉlevéeSuivi contractuel, anticipation du contrôle annuel.
Origine des fonds non démontréeVariableTrès élevéeTraçabilité complète, conformité LBC/FT.
Demande déposée depuis le territoireFaibleÉlevéeDéposer et obtenir la décision avant l'entrée.
Dossier personnel incomplet (ressources, casier)MoyenneMoyenneChecklist rigoureuse, pièces à jour.
Comparaison des titres de séjour
CritèreTitre investisseurCarte bleue européenneIndépendant / créateur d'entreprise
FondementApport en capital qualifié maintenuContrat de travail hautement qualifiéActivité indépendante avec autorisation d'établissement
Seuil financier500 000 / 3 000 000 / 20 000 000 € selon la voieSeuil de salaire annuel réévalué chaque annéeRessources économiques suffisantes pour le projet
Autorité d'instruction du fondMinistère de l'Économie ou des FinancesDirection de l'immigration (et employeur)Direction de l'immigration ; autorisation d'établissement pour le volet commercial
Objet immobilier locatifExcluSans objetEncadré par l'autorisation d'établissement
Durée du titre3 ans, renouvelablePlusieurs années selon le contratSelon le projet, renouvelable
Contrôle dans le tempsMaintien de l'investissement, contrôle annuelMaintien de l'emploi qualifiéViabilité de l'activité

Selon votre profil

Pour l'investisseur

L'investisseur ressortissant de pays tiers accède au séjour par un apport en capital qualifié atteignant les seuils légaux, et non par un paiement forfaitaire. Le choix de la voie (entreprise, structure de gestion ou dépôt bancaire), la traçabilité de l'origine des fonds et le dépôt de la demande avant l'entrée conditionnent la recevabilité. Le titre vaut trois ans, sous contrôle du maintien de l'investissement.

Pour l'entrepreneur étranger

L'entrepreneur qui investit dans une entreprise luxembourgeoise existante ou à créer relève de la voie instruite par le ministère de l'Économie, avec un apport d'au moins 500 000 euros et un engagement de maintien de trois à cinq ans. Un plan d'affaires démontrant la création ou le maintien d'emplois renforce le dossier. L'immobilier locatif principal reste exclu du régime.

Pour le family office

Le family office qui structure une structure d'investissement et de gestion au Luxembourg (apport d'au moins 3 000 000 euros) doit documenter une substance appropriée : locaux, moyens et au moins deux salariés à temps plein non bénéficiaires. La structuration de holding et le séjour investisseur sont des questions distinctes mais coordonnées ; la qualification du véhicule conditionne l'avis favorable.

Sources officielles

Cet article est une information générale et ne constitue pas un conseil juridique. Pour un avis adapté à votre situation, demandez une consultation.

FAQ

Questions fréquentes

Qui peut demander un titre de séjour investisseur au Luxembourg ?

Les ressortissants de pays tiers, c'est-à-dire hors Union européenne, Espace économique européen et Suisse, qui réalisent un investissement qualifié atteignant l'un des seuils légaux. Les citoyens de l'UE relèvent du régime de libre circulation et n'ont pas besoin de ce titre. La décision dépend notamment de la voie d'investissement choisie et du respect des conditions générales d'immigration.

Quel montant pour un titre de séjour investisseur au Luxembourg ?

Au moment de la rédaction : 500 000 euros dans une entreprise existante ou à créer, 3 000 000 euros dans une structure d'investissement et de gestion, ou 20 000 000 euros en dépôt bancaire. Ces montants peuvent être révisés. Il est impératif de vérifier les seuils exacts en vigueur sur Guichet.lu et auprès du ministère compétent avant toute démarche.

Quelles conditions pour le titre de séjour investisseur ?

Il faut un investissement qualifié atteignant le seuil de la voie choisie, un siège social luxembourgeois, un engagement de maintien dans la durée, une origine des fonds traçable et conforme aux règles LBC/FT, ainsi que les conditions personnelles d'immigration (honorabilité, ressources, couverture maladie, logement). La voie structure de gestion exige en outre une substance appropriée.

L'immobilier est-il éligible au titre investisseur ?

Non, lorsqu'il constitue l'objet principal. Les investissements ayant pour objet principal l'achat et la location de biens immobiliers sont exclus du dispositif. Un projet immobilier ne peut donc pas, à lui seul, fonder un titre de séjour investisseur. D'autres structurations économiques doivent être envisagées, dans le respect du cadre légal.

Combien de temps pour l'obtenir ?

Le délai dépend de deux instructions successives et de la complétude du dossier. Il faut anticiper plusieurs mois entre le dépôt du dossier d'investissement et la délivrance du titre, sans garantie de durée. Un dossier complet, une voie bien choisie et une origine des fonds documentée réduisent les risques de retard. Cela dépend notamment de la charge des administrations concernées.

Combien de temps le titre est-il valable ?

Le titre de séjour investisseur est valable trois ans. Il est renouvelable pour une durée identique tant que les conditions d'octroi demeurent réunies, en particulier le maintien de l'investissement. Un contrôle est opéré, notamment un an après la délivrance, via un formulaire de vérification annuelle. Le non-respect des engagements peut compromettre le renouvellement.

Quelle administration est compétente ?

La Direction de l'immigration du ministère des Affaires étrangères et européennes délivre l'autorisation de séjour. L'avis sur le projet d'investissement est rendu par le ministère de l'Économie (entreprises) ou le ministère des Finances (structures de gestion et dépôts bancaires). La procédure est donc partagée entre une instruction économique et une instruction migratoire.

Faut-il déposer la demande avant ou après l'arrivée ?

Avant. La demande d'autorisation de séjour doit en principe être introduite et favorablement décidée avant l'entrée sur le territoire. Une demande déposée depuis le Luxembourg est, en principe, déclarée irrecevable. L'autorisation de séjour temporaire délivrée vaut 90 jours pour entrer et accomplir les formalités locales.

Le titre investisseur ouvre-t-il droit à la nationalité ?

Non directement. Il s'agit d'un droit de séjour, pas d'un programme de citoyenneté par investissement. La résidence longue durée puis la naturalisation obéissent à des conditions propres, notamment de durée de séjour et d'intégration. L'obtention du titre investisseur est une étape possible, mais ne préjuge pas de l'accès ultérieur à la nationalité luxembourgeoise.

Que signifie l'exigence de substance ?

Pour la voie structure d'investissement et de gestion, la structure doit disposer au Luxembourg d'une substance appropriée : locaux professionnels, moyens techniques, humains et financiers, relations contractuelles, et au moins deux salariés à temps plein qui ne sont pas bénéficiaires de la structure. Une coquille vide ne suffit pas et peut justifier un avis défavorable ou un problème lors du contrôle.

Que se passe-t-il si l'investissement n'est pas maintenu ?

Le maintien de l'investissement pendant la durée requise est une condition d'octroi et de renouvellement. Sa rupture peut entraîner le non-renouvellement, voire le retrait du titre, selon les circonstances. Le contrôle annuel vise précisément à vérifier ce maintien. Toute restructuration de l'investissement doit être anticipée juridiquement pour préserver le séjour.

Quels recours en cas de refus ?

Un recours gracieux peut être adressé au ministre, sans effet suspensif sur les délais. Un recours contentieux peut être porté devant le tribunal administratif, dans les formes et délais ordinaires, le délai étant en principe de trois mois à compter de la notification de la décision et de l'information sur les voies de recours. L'opportunité et la stratégie dépendent des motifs précis du refus.

Puis-je faire venir ma famille ?

Le regroupement familial obéit à un régime distinct prévu par la loi du 29 août 2008. Sous conditions (ressources, logement, couverture maladie), le titulaire d'un titre de séjour peut être rejoint par certains membres de sa famille. Les conditions et délais propres au regroupement familial doivent être vérifiés séparément ; cela dépend notamment de la situation familiale et des justificatifs produits.

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