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Droit des sociétés

Créer une SARL-S au Luxembourg en 2026 : capital de 1 EUR, conditions et étapes

Par Maître Cora Maglo, Avocate à la Cour12 mai 2026Mis à jour le 20 juin 20269 min

Relu et validé par un avocat inscrit au Barreau de Luxembourg.

Réponse rapide

La SARL-S est une société à capital réduit, de 1 EUR à moins de 12 000 EUR, réservée aux personnes physiques (une seule par personne). Elle se constitue par acte sous seing privé, sans notaire obligatoire, mais exige une autorisation d’établissement, une immatriculation au RCS et une déclaration au RBE.

La SARL-S (société à responsabilité limitée simplifiée) permet de lancer une activité avec un capital de 1 EUR à moins de 12 000 EUR. Elle est réservée aux personnes physiques, à raison d’une seule SARL-S par personne, et peut se créer sans acte notarié. En contrepartie, elle doit affecter 1/20e de son bénéfice annuel à une réserve jusqu’à atteindre 12 000 EUR. Comme toute société commerciale, elle suppose une autorisation d’établissement, une immatriculation au RCS et une déclaration au RBE.

En bref

  • Capital libre, de 1 EUR à moins de 12 000 EUR, entièrement libéré à la constitution.
  • Réservée aux personnes physiques : une seule SARL-S par personne.
  • Constitution possible par acte sous seing privé (pas de notaire obligatoire).
  • Autorisation d’établissement requise pour l’activité exercée.
  • Immatriculation au RCS et déclaration des bénéficiaires effectifs au RBE.
  • Obligation d’affecter 1/20e du bénéfice annuel à une réserve jusqu’à 12 000 EUR.
SARL-S et SARL classique : ce qui change
CritèreSARL-SSARL
Capital minimum1 EUR (jusqu’à moins de 12 000 EUR)12 000 EUR
AssociésPersonnes physiques uniquementPersonnes physiques ou morales
Nombre par personneUne seule SARL-SPlusieurs SARL possibles
Acte constitutifSous seing privé possibleActe notarié obligatoire
Réserve légale renforcée1/20e du bénéfice jusqu’à 12 000 EURRéserve légale classique de 5 %
Profil viséLancement à faible capitalPME, holdings, activités établies

La SARL-S, c’est quoi exactement ?

Réponse rapide. La SARL-S est une variante simplifiée de la SARL, pensée pour démarrer une activité avec très peu de capital. On l’appelle parfois la société à 1 euro, parce que son capital peut descendre jusqu’à 1 EUR.

Concrètement, le capital d’une SARL-S est libre, entre 1 EUR et moins de 12 000 EUR. Dès qu’il atteint 12 000 EUR, on n’est plus dans le régime de la SARL-S : la société relève alors des règles de la SARL ordinaire. La SARL-S a été conçue comme un tremplin, pas comme une structure définitive.

Le reste du fonctionnement ressemble à celui d’une SARL : responsabilité limitée aux apports, gérance, parts sociales, comptes annuels. La différence tient au capital réduit, au profil des associés et à quelques garde-fous que nous détaillons plus bas.

À qui s’adresse la SARL-S ?

La SARL-S vise d’abord les personnes qui veulent se lancer sans immobiliser 12 000 EUR. Un porteur de projet, un artisan, un consultant qui démarre seul y trouvent une porte d’entrée accessible vers la responsabilité limitée.

Elle est en revanche réservée aux personnes physiques. Une société ne peut pas être associée d’une SARL-S. C’est une différence nette avec la SARL classique, qui accepte des associés personnes morales et sert souvent de SOPARFI ou de holding.

Autre point déterminant : on ne peut détenir qu’une seule SARL-S à la fois. Le régime n’est pas fait pour empiler les structures. Si votre projet implique plusieurs sociétés, la SARL classique est plus adaptée. Notre avocat en droit des sociétés vous aide à trancher.

Le capital : de 1 EUR à moins de 12 000 EUR

Le capital de la SARL-S est fixé librement par les associés, dans une fourchette comprise entre 1 EUR et 11 999 EUR. Il doit être entièrement libéré au moment de la constitution, c’est-à-dire réellement versé, pas seulement promis.

Un capital très bas est juridiquement possible, mais rarement une bonne idée en pratique. Une société dotée de 1 EUR inspire peu confiance à une banque ou à un fournisseur, et se retrouve vite à court de trésorerie. Exemple type : un consultant qui démarre fixe souvent son capital à quelques milliers d’euros pour donner un minimum de crédibilité et de marge de fonctionnement, tout en restant sous le seuil des 12 000 EUR.

Le choix du montant n’est pas neutre : il influence la perception de la société, sa capacité à absorber les premières dépenses, et le rythme auquel elle devra constituer sa réserve. Mieux vaut le calibrer en fonction du projet réel.

Une société sans notaire obligatoire

C’est l’un des grands attraits de la SARL-S : son acte constitutif peut être rédigé sous seing privé, sans passage obligatoire devant notaire. Là où la SARL classique impose un acte notarié, la SARL-S peut naître d’un document signé entre associés.

Cela réduit le coût et le délai de constitution. Attention toutefois : pas de notaire ne veut pas dire pas de rigueur. Les statuts doivent être correctement rédigés, car ce sont eux qui fixent l’objet social, la répartition des parts, les pouvoirs du gérant et les règles de décision.

Des statuts bâclés sont une source fréquente de litiges, surtout dès qu’il y a plusieurs associés. Faire relire ou rédiger l’acte par un professionnel reste un investissement modeste au regard des blocages qu’il évite.

L’autorisation d’établissement reste indispensable

Choisir la SARL-S ne dispense pas des autorisations habituelles. Pour la plupart des activités commerciales, artisanales ou libérales, une autorisation d’établissement délivrée par le Ministère de l’Économie est requise avant de démarrer.

Cette autorisation suppose une honorabilité professionnelle et, selon l’activité, une qualification (diplôme ou expérience) de la personne qui assurera la gestion effective. Le faible capital de la SARL-S ne change rien à cette exigence.

Certaines activités réglementées (conseil financier, santé, sécurité) imposent des agréments spécifiques. Une analyse en amont évite d’engager des frais pour une activité qui, finalement, ne pourrait pas être autorisée.

Les étapes de création, pas à pas

La constitution suit une logique proche de celle décrite dans notre guide des étapes de création d’une SARL, avec quelques allègements. On qualifie d’abord l’activité, puis on prépare l’autorisation d’établissement.

Vient ensuite le dépôt du capital sur un compte au nom de la société en formation et la rédaction des statuts, qui peuvent rester sous seing privé. La société est alors immatriculée au RCS, ce qui lui donne la personnalité juridique.

Enfin, on déclare les bénéficiaires effectifs au RBE, et on active la fiscalité et la sécurité sociale. Le tout peut aller assez vite, surtout sans rendez-vous notarial à caler.

Immatriculation au RCS et déclaration au RBE

L’immatriculation au Registre de commerce et des sociétés (RCS), tenu par le LBR, est obligatoire. C’est elle qui fait exister la société sur le plan juridique et la rend opposable aux tiers.

Dans la foulée, la société doit déclarer ses bénéficiaires effectifs au Registre des bénéficiaires effectifs (RBE). Cette formalité vise la transparence et la lutte contre le blanchiment. Son omission est sanctionnée, y compris pour une petite SARL-S.

Ces deux registres ne sont pas optionnels : une SARL-S immatriculée mais non déclarée au RBE se met en infraction dès le départ. On coordonne donc les deux dans la même séquence.

La réserve obligatoire : le mécanisme clé

C’est la contrepartie du capital réduit. Chaque année, la SARL-S doit affecter au moins 1/20e (5 %) de son bénéfice annuel à une réserve, jusqu’à ce que la somme du capital et de cette réserve atteigne 12 000 EUR.

Autrement dit, la société reconstitue progressivement le capital d’une SARL classique grâce à ses propres résultats. Tant que le seuil de 12 000 EUR n’est pas atteint, cette part du bénéfice n’est pas distribuable.

Exemple type : une SARL-S constituée avec 2 000 EUR de capital et qui dégage du bénéfice mettra de côté 5 % de celui-ci chaque année, jusqu’à ce que capital plus réserve forment ensemble 12 000 EUR. Ce mécanisme protège les créanciers et évite les coquilles vides durablement sous-capitalisées.

Fiscalité et obligations courantes

Sur le plan fiscal, la SARL-S est traitée comme une SARL : elle est soumise à l’impôt sur le revenu des collectivités, à l’impôt commercial communal et, le cas échéant, à l’impôt sur la fortune. Le faible capital ne crée pas de régime fiscal de faveur.

Elle doit s’immatriculer à la TVA lorsque c’est requis, s’affilier à la sécurité sociale (CCSS) si elle emploie ou rémunère un dirigeant, et tenir une comptabilité régulière avec dépôt des comptes annuels.

Ces obligations courantes pèsent souvent plus, sur la durée, que la constitution elle-même. Les anticiper évite de mauvaises surprises quelques mois après le lancement.

Les limites et les pièges à connaître

La SARL-S a des bornes claires. Une seule par personne, personnes physiques uniquement, capital plafonné sous 12 000 EUR : ce cadre la rend inadaptée aux montages à plusieurs sociétés ou avec des associés personnes morales.

Le capital très bas peut aussi devenir un handicap commercial et bancaire. Une société sous-capitalisée peine à obtenir un crédit, à louer des locaux ou à rassurer de gros clients. Et la réserve obligatoire ponctionne une partie des bénéfices tant que le seuil n’est pas atteint.

Enfin, dès que le capital atteint ou dépasse 12 000 EUR, la société bascule dans le régime de la SARL ordinaire. La SARL-S est un point de départ, pas une destination. Bien utilisée, elle reste un excellent tremplin.

SARL-S ou SARL : comment choisir ?

Le tableau comparatif ci-dessus résume l’essentiel. En pratique, la SARL-S convient à une personne seule qui démarre avec peu de moyens et veut limiter les coûts de constitution.

La SARL classique s’impose dès que le projet implique plusieurs sociétés associées, un capital plus solide, ou une vocation de holding. Elle est aussi plus rassurante pour des partenaires exigeants.

Beaucoup d’entrepreneurs commencent en SARL-S puis basculent en SARL une fois l’activité installée. Ce passage se prépare : choix du capital de départ, rythme de mise en réserve, gouvernance. Un pacte d’associés anticipe l’entrée éventuelle de nouveaux partenaires.

Et si vous n’êtes pas résident luxembourgeois ?

La SARL-S est ouverte aux personnes physiques, qu’elles résident ou non au Luxembourg. La nationalité et la résidence ne sont pas des conditions pour être associé. Un porteur de projet établi à l’étranger peut donc créer une SARL-S.

En revanche, l’autorisation d’établissement et la substance réelle de l’activité (gestion effective, siège) restent à organiser sérieusement, surtout dans une logique fiscale. Pour un fondateur hors Union européenne, la création de société se combine souvent avec une démarche de titre de séjour entrepreneur.

Le cabinet accompagne ces dossiers transfrontaliers de bout en bout, du choix de la structure à l’immatriculation, en passant par la coordination avec les administrations. Voir aussi notre vue d’ensemble sur la création de société au Luxembourg.

Conditions et coûts indicatifs de la SARL-S
PosteDétail / fourchette indicative
Capital socialLibre, de 1 EUR à moins de 12 000 EUR, à libérer en totalité
Autorisation d’établissement24 à 50 EUR (selon le dossier)
Acte sous seing privéPas de frais de notaire si rédaction privée
Immatriculation RCSenviron 100 à 250 EUR
Déclaration RBEgratuite, mais obligatoire
Comptabilité annuelle1 000 à 5 000 EUR / an selon l’activité

Selon votre profil

Pour l’entrepreneur

La SARL-S vous permet de lancer votre activité avec un capital de 1 EUR à moins de 12 000 EUR et sans notaire obligatoire. Prévoyez l’autorisation d’établissement et la réserve de 1/20e du bénéfice jusqu’à 12 000 EUR.

Pour l’indépendant

Idéale pour démarrer seul à faible coût, la SARL-S est réservée aux personnes physiques, à raison d’une seule par personne. Vérifiez la qualification exigée par votre métier pour l’autorisation d’établissement.

Pour le jeune créateur

La société à 1 euro est un tremplin accessible vers la responsabilité limitée. Le capital reste sous 12 000 EUR, mais une partie du bénéfice doit être mise en réserve chaque année jusqu’à ce seuil.

Pour le fondateur non-résident

Aucune condition de résidence pour être associé d’une SARL-S, mais l’autorisation d’établissement et la substance restent indispensables. Hors UE, combinez la création avec une démarche de titre de séjour entrepreneur.

Sources officielles

Cet article est une information générale et ne constitue pas un conseil juridique. Pour un avis adapté à votre situation, demandez une consultation.

FAQ

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une SARL-S au Luxembourg ?

C’est une SARL simplifiée à capital réduit, de 1 EUR à moins de 12 000 EUR, réservée aux personnes physiques. On l’appelle souvent la société à 1 euro.

Quel est le capital minimum d’une SARL-S ?

1 EUR. Le capital est libre entre 1 EUR et moins de 12 000 EUR, et doit être entièrement libéré à la constitution.

La SARL-S peut-elle vraiment être créée avec 1 EUR ?

Oui, juridiquement. En pratique, un capital trop bas nuit à la crédibilité bancaire et à la trésorerie. La plupart des fondateurs choisissent quelques milliers d’euros.

Qui peut créer une SARL-S ?

Uniquement des personnes physiques. Une société ne peut pas être associée d’une SARL-S, contrairement à une SARL classique.

Peut-on avoir plusieurs SARL-S ?

Non. Une même personne ne peut détenir qu’une seule SARL-S à la fois. Pour plusieurs structures, il faut passer par des SARL classiques.

Faut-il un notaire pour créer une SARL-S ?

Non, pas obligatoirement. L’acte constitutif peut être rédigé sous seing privé. Une rédaction soignée des statuts reste fortement recommandée.

L’autorisation d’établissement est-elle requise pour une SARL-S ?

Oui, comme pour toute activité commerciale, artisanale ou libérale. Elle est délivrée par le Ministère de l’Économie et suppose honorabilité et, souvent, qualification.

Faut-il immatriculer la SARL-S au RCS ?

Oui. L’immatriculation au Registre de commerce et des sociétés est obligatoire et confère la personnalité juridique à la société.

La déclaration au RBE est-elle obligatoire ?

Oui. La déclaration des bénéficiaires effectifs au RBE est obligatoire dès la constitution. Son omission est sanctionnée.

En quoi consiste la réserve obligatoire de la SARL-S ?

Chaque année, la société doit affecter au moins 1/20e (5 %) de son bénéfice à une réserve, jusqu’à ce que capital et réserve atteignent ensemble 12 000 EUR.

Cette réserve est-elle distribuable ?

Non, tant que le seuil de 12 000 EUR n’est pas atteint. Cette part du bénéfice reste affectée à la réserve pour protéger les créanciers.

Que se passe-t-il quand le capital atteint 12 000 EUR ?

La société quitte le régime SARL-S et relève des règles de la SARL classique. La SARL-S est conçue comme un tremplin temporaire.

La SARL-S a-t-elle une fiscalité avantageuse ?

Non. Elle est imposée comme une SARL : impôt sur le revenu des collectivités, impôt commercial communal et, le cas échéant, impôt sur la fortune.

Un non-résident peut-il créer une SARL-S ?

Oui. Aucune condition de nationalité ni de résidence n’est exigée pour l’associé personne physique. L’autorisation d’établissement reste requise.

Peut-on transformer une SARL-S en SARL ?

Oui. Le passage se prépare, notamment via l’augmentation du capital à 12 000 EUR. Beaucoup d’entrepreneurs commencent en SARL-S puis basculent en SARL.

Combien coûte la création d’une SARL-S ?

Hors capital, comptez l’autorisation d’établissement (quelques dizaines d’euros) et l’immatriculation RCS (environ 100 à 250 EUR). L’absence de notaire réduit le coût.

Faut-il une comptabilité pour une SARL-S ?

Oui. Comme toute société, la SARL-S doit tenir une comptabilité régulière et déposer ses comptes annuels.

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