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Immigration

Permis de travail au Luxembourg (autorisation de séjour salarié) : test du marché de l’emploi et démarche

Par Maître Cora Maglo, Avocate à la Cour30 juin 2026Mis à jour le 5 juillet 202613 min

Relu et validé par un avocat inscrit au Barreau de Luxembourg.

Réponse rapide

Recruter un salarié hors UE au Luxembourg suppose deux volets : l’employeur déclare le poste vacant à l’ADEM et obtient un certificat (test du marché de l’emploi), puis le salarié demande une autorisation de séjour temporaire, un visa D si nécessaire, et un titre de séjour après l’arrivée.

Au Luxembourg, le ressortissant de pays tiers recruté comme salarié n’obtient pas un « permis de travail » isolé, mais une autorisation de séjour « travailleur salarié » délivrée par la Direction générale de l’immigration, après une étape préalable côté employeur auprès de l’ADEM. Cette voie repose sur le test du marché de l’emploi : avant d’embaucher hors UE, l’employeur déclare le poste vacant et obtient un certificat l’autorisant à recruter. Le salarié sollicite ensuite une autorisation de séjour temporaire, un visa D le cas échéant, puis un titre de séjour. Elle se distingue de la carte bleue européenne et du transfert intragroupe (ICT). Un avocat en immigration qualifie la voie applicable.

En bref

  • Il n’existe plus de permis de travail autonome : le droit de travailler découle de l’autorisation de séjour « travailleur salarié ».
  • L’employeur déclare le poste vacant à l’ADEM et obtient un certificat de recrutement hors UE (test du marché de l’emploi).
  • Le salarié demande une autorisation de séjour temporaire avant l’entrée, puis un visa D si nécessaire.
  • Après l’arrivée, le salarié déclare son arrivée à la commune et demande le titre de séjour.
  • La rémunération doit au moins respecter le salaire social minimum applicable.
  • La voie salarié se distingue de la carte bleue européenne et du transfert intragroupe (ICT).
Conditions de l’autorisation de séjour salarié
ConditionExplicationRisque si non respectée
Déclaration du poste vacant à l’ADEML’employeur déclare le poste avant de finaliser l’embauche hors UE ; la déclaration ouvre le test du marché de l’emploi.Embauche irrégulière ; dossier de séjour incomplet ; refus probable.
Certificat ADEM de recrutement hors UEL’ADEM autorise l’employeur à recruter la personne de son choix après vérification du marché.Sans certificat, l’autorisation de séjour salarié ne peut aboutir.
Contrat de travail conformeContrat signé avec un employeur établi au Luxembourg, conforme au droit du travail luxembourgeois.Refus pour dossier non probant ; risque de requalification.
Rémunération au moins égale au salaire social minimum applicableLe salaire doit respecter le minimum légal ou sectoriel selon la qualification.Refus ; soupçon de contournement des règles salariales.
Qualifications et autorisations professionnellesDiplômes ou expérience requis ; le cas échéant, profession réglementée nécessitant une reconnaissance.Refus ; impossibilité d’exercer une profession réglementée.
Autorisation de séjour temporaire avant l’entréeLe salarié soumis à visa doit obtenir l’autorisation avant d’entrer sur le territoire.Entrée et prise de poste irrégulières.
Visa D si le ressortissant y est soumisVisa national sollicité auprès des autorités consulaires après l’autorisation temporaire.Impossibilité d’entrer légalement pour un long séjour.
Demande de titre de séjour dans les délaisDemande à introduire auprès de la Direction générale de l’immigration après l’arrivée.Perte du bénéfice de l’autorisation ; séjour irrégulier.

Le permis de travail salarié en résumé

Au Luxembourg, le ressortissant de pays tiers recruté comme salarié n’obtient pas un « permis de travail » isolé, mais une autorisation de séjour « travailleur salarié » délivrée par la Direction générale de l’immigration, après une étape préalable côté employeur auprès de l’ADEM.

Cette voie repose sur le test du marché de l’emploi : avant d’embaucher hors Union européenne, l’employeur doit déclarer le poste vacant à l’ADEM, puis obtenir un certificat l’autorisant à recruter la personne de son choix. Le salarié, lui, sollicite une autorisation de séjour temporaire, le cas échéant un visa D, puis un titre de séjour une fois arrivé.

La procédure articule donc deux administrations et plusieurs documents, avec des délais qui dépendent notamment du caractère pénurique ou non du métier concerné. Le présent article décrit la logique d’ensemble, les conditions, la séquence des démarches et les pièges récurrents, en distinguant cette voie de la carte bleue européenne et du transfert intragroupe (ICT).

Comment recruter un salarié hors UE au Luxembourg ?

L’autorisation de séjour « salarié » pour ressortissant de pays tiers suppose deux volets : l’employeur déclare le poste vacant à l’ADEM et obtient un certificat l’autorisant à recruter hors UE (test du marché de l’emploi) ; le salarié demande ensuite une autorisation de séjour temporaire, un visa D si nécessaire, puis un titre de séjour. Les délais dépendent notamment du métier.

Définition précise : le permis de travail salarié

L’« autorisation de séjour pour travailleur salarié » est le titre qui permet à un ressortissant de pays tiers (hors UE, hors Espace économique européen, hors Suisse) de résider et de travailler comme salarié au Luxembourg pour une durée supérieure à trois mois.

Le terme courant de « permis de travail » est, dans le droit luxembourgeois actuel, trompeur : il n’existe plus de permis de travail autonome détaché du séjour. Le droit de travailler découle de l’autorisation de séjour mentionnant la catégorie « travailleur salarié », encadrée par la loi modifiée du 29 août 2008 sur la libre circulation des personnes et l’immigration.

La particularité de cette voie tient à son préalable côté employeur : l’embauche d’un candidat hors UE n’est possible qu’après vérification que le poste ne peut être pourvu par un demandeur d’emploi déjà présent sur le marché national ou européen. C’est le test du marché de l’emploi, géré par l’ADEM.

Quand cette voie s’applique (et quand préférer la carte bleue)

Cette voie « salarié » est la voie de droit commun pour un recrutement hors UE qui ne relève pas d’un régime spécifique. Elle s’applique typiquement lorsque :

le poste ne remplit pas les conditions de la carte bleue européenne (diplôme de l’enseignement supérieur ou expérience équivalente, et rémunération atteignant le seuil applicable) ;

la rémunération se situe en dessous du seuil carte bleue mais respecte au moins le salaire social minimum applicable ;

le recrutement n’est pas un transfert au sein d’un même groupe international (auquel cas la voie ICT peut être pertinente).

À l’inverse, lorsque le candidat est hautement qualifié et que la rémunération atteint le seuil carte bleue, ce régime est souvent préférable car il n’impose pas le test du marché de l’emploi de la même manière et ouvre des facilités de mobilité. Le choix dépend notamment du profil, du salaire et de la stratégie de mobilité du groupe. Une analyse au cas par cas reste recommandée.

Cadre juridique : le rôle central de l’ADEM

Le socle est la loi modifiée du 29 août 2008. Elle subordonne l’exercice d’une activité salariée par un ressortissant de pays tiers à la détention d’une autorisation de séjour valable, et conditionne cette autorisation à une étape relative à l’emploi.

L’ADEM (Agence pour le développement de l’emploi) intervient au titre du Code du travail. Tout employeur qui souhaite pourvoir un poste vacant doit en principe le déclarer à l’ADEM. Cette déclaration sert deux objectifs : permettre à l’ADEM de proposer, le cas échéant, des demandeurs d’emploi disponibles bénéficiant d’une priorité d’accès, et matérialiser le test du marché de l’emploi.

Le principe directeur est la priorité aux candidats déjà établis sur le marché national et européen. Concrètement, l’employeur ne peut être autorisé à recruter une personne de pays tiers qu’à défaut de candidat approprié issu de ce marché. Lorsque c’est le cas, l’ADEM délivre à l’employeur un certificat l’autorisant à recruter le ressortissant de pays tiers de son choix. Ce certificat est une pièce maîtresse du dossier de séjour ultérieur.

Les conditions à réunir

Le tableau ci-après reprend les conditions successives, du volet emploi (ADEM) au volet séjour (immigration), et le risque encouru en cas de manquement. Les seuils chiffrés (notamment le salaire social minimum et le seuil carte bleue) évoluent par voie réglementaire et doivent être vérifiés à la date de la démarche auprès des sources officielles.

Obtenir l’autorisation de séjour salarié : la procédure étape par étape

La procédure se lit en deux colonnes parallèles : ce que fait l’employeur, et ce que fait le salarié. Les deux doivent se coordonner.

Côté employeur. L’employeur identifie le besoin et prépare la fiche de poste, puis déclare le poste vacant à l’ADEM (en ligne via MyGuichet.lu ou par le formulaire dédié). Il laisse courir la période de vérification du marché de l’emploi, sollicite le certificat autorisant le recrutement d’un ressortissant de pays tiers via la cellule dédiée de l’ADEM, obtient le certificat et le transmet au salarié pour le dossier de séjour, puis signe le contrat de travail.

Côté salarié (ressortissant de pays tiers). Le salarié réunit les pièces (passeport, diplômes, extrait de casier, etc.) et le certificat ADEM via l’employeur. Il introduit la demande d’autorisation de séjour temporaire auprès de la Direction générale de l’immigration, avant l’entrée sur le territoire. En cas d’avis favorable, il reçoit l’autorisation de séjour temporaire (valable pour une durée limitée le temps d’organiser l’entrée).

S’il est soumis à visa, il sollicite un visa D auprès des autorités consulaires compétentes du pays de résidence. Il entre au Luxembourg, déclare son arrivée à l’administration communale, se soumet le cas échéant aux formalités sanitaires, puis introduit la demande de titre de séjour « travailleur salarié » auprès de la Direction générale de l’immigration dans le délai imparti après l’arrivée. Il reçoit enfin le titre de séjour, support matériel du droit de séjour et de travail.

Documents à réunir

La checklist ci-dessous est indicative, à confirmer selon la situation et l’évolution des formulaires officiels. Le certificat ADEM autorisant le recrutement hors UE en est une pièce maîtresse, aux côtés du contrat de travail signé avec un employeur établi au Luxembourg.

Délais

Les délais varient et dépendent notamment du métier et de la complétude du dossier.

Côté ADEM, le traitement de la demande de certificat dépend du type de poste. Pour les métiers figurant sur la liste annuelle des métiers en pénurie sévère, le certificat peut être délivré rapidement après confirmation de réception. Pour les autres postes, l’ADEM dispose d’un délai de vérification de la disponibilité de candidats sur le marché, à l’issue duquel le certificat peut être délivré si aucun candidat approprié n’a pu être proposé.

Côté visa, le traitement d’une demande de visa prend généralement un délai de l’ordre de quinze jours, susceptible d’être prolongé si des pièces complémentaires sont requises.

Côté titre de séjour, le salarié doit introduire sa demande de titre dans le délai prévu après son arrivée au Luxembourg. Ces ordres de grandeur sont indicatifs ; les délais réels dépendent du dossier et de la charge des administrations.

Coûts

La démarche comporte des frais administratifs, notamment une taxe liée à la demande de titre de séjour, ainsi que des coûts annexes (traductions, légalisations, déplacements, frais consulaires). À ceux-ci peuvent s’ajouter, le cas échéant, des honoraires de conseil.

Les montants officiels évoluant par voie réglementaire, ils doivent être vérifiés à la date de la démarche sur les sources officielles. Aucun montant fixe n’est avancé ici afin d’éviter toute information périmée.

Risques et mesures d’atténuation

La matrice ci-après identifie les principaux risques, leur probabilité et leur gravité, ainsi que les mesures d’atténuation associées. Le risque central tient au séquencement : le volet ADEM doit précéder le volet séjour, et toute inversion fragilise le dossier.

Erreurs fréquentes

Croire qu’il existe un « permis de travail » autonome : c’est l’autorisation de séjour qui porte le droit de travailler.

Signer le contrat et faire venir le salarié avant l’étape ADEM.

Négliger la déclaration de poste vacant en pensant qu’elle est facultative pour un recrutement déjà identifié.

Confondre la voie « salarié » avec la carte bleue ou l’ICT, et appliquer les mauvaises conditions.

Sous-estimer les délais pour un métier non pénurique.

Oublier la demande de titre de séjour après l’arrivée, en pensant que l’autorisation temporaire suffit.

Présenter des diplômes non reconnus pour une profession réglementée.

Trois cas pratiques

Cas 1 : Développeur recruté par une PME, salaire sous le seuil carte bleue. La société identifie un candidat indien. Le salaire ne permet pas la carte bleue. L’employeur déclare le poste à l’ADEM, obtient le certificat, puis le salarié engage l’autorisation de séjour temporaire et le visa D. Voie « salarié » classique avec test du marché de l’emploi.

Cas 2 : Profil hautement qualifié au-dessus du seuil. Une candidate dispose d’un master et d’une offre dépassant le seuil carte bleue. Plutôt que la voie salarié, la carte bleue européenne est généralement plus adaptée. L’arbitrage dépend notamment de la mobilité souhaitée et du profil.

Cas 3 : Transfert depuis une filiale hors UE. Un cadre travaille déjà depuis plusieurs mois dans une entité du même groupe à l’étranger et est transféré temporairement vers l’entité luxembourgeoise. La voie ICT peut convenir et n’implique pas le test du marché de l’emploi de la voie salarié. La qualification du dossier est déterminante.

Comparaison : salarié, carte bleue ou ICT

Le tableau ci-dessous compare la voie salarié de droit commun, la carte bleue européenne et le transfert intragroupe (ICT). Les seuils de rémunération évoluent et doivent être vérifiés à la date de la démarche.

Arbre de décision

Le recrutement est-il un transfert au sein d’un même groupe international (entité d’origine hors UE) ? Si oui, examiner la voie ICT.

Sinon, le profil est-il hautement qualifié et la rémunération atteint-elle le seuil carte bleue ? Si oui, examiner la carte bleue européenne.

Sinon, engager la voie « salarié » de droit commun : déclaration ADEM, certificat, autorisation de séjour temporaire, visa D le cas échéant, titre de séjour.

Dans tous les cas, la profession est-elle réglementée ? Si oui, vérifier la reconnaissance avant d’engager la démarche.

Ce que retient Cerno Law Firm

La voie « travailleur salarié » est la voie de droit commun pour recruter un ressortissant de pays tiers au Luxembourg. Sa difficulté tient moins à chaque étape isolée qu’à leur séquencement : le test du marché de l’emploi côté ADEM précède le volet séjour côté Direction générale de l’immigration, et toute inversion fragilise le dossier.

Distinguer cette voie de la carte bleue européenne et de l’ICT, vérifier les seuils à jour et anticiper les délais sont les clés d’une démarche maîtrisée. Le cabinet d’avocats Cerno Law Firm accompagne employeurs et salariés dans la qualification de la voie applicable, la coordination ADEM et Direction de l’immigration, et la constitution des dossiers. Pour évaluer votre situation, demandez un devis.

Matrice des risques
RisqueProbabilitéGravitéMesure d’atténuation
Embauche avant obtention du certificat ADEMMoyenneÉlevéeSéquencer strictement : déclaration et certificat avant prise de poste.
Dossier de séjour incompletÉlevéeMoyenneChecklist exhaustive et anticipation des traductions et légalisations.
Métier non pénurique allongeant les délaisMoyenneMoyenneAnticiper la déclaration et planifier la date d’entrée en fonction.
Rémunération inférieure au minimum applicableFaibleÉlevéeVérifier le salaire minimum sectoriel avant signature du contrat.
Entrée sur le territoire avant autorisationFaibleÉlevéeRespecter l’ordre : autorisation temporaire, puis visa, puis entrée.
Profession réglementée sans reconnaissanceMoyenneÉlevéeVérifier en amont les exigences d’accès à la profession.
Demande de titre hors délai après l’arrivéeMoyenneÉlevéeCalendrier interne et rappels dès l’arrivée du salarié.
Salarié, carte bleue ou ICT : comparaison des voies
CritèreSalarié (droit commun)Carte bleue européenneICT (transfert intragroupe)
Public viséRecrutement hors UE de droit communProfil hautement qualifiéCadre, expert ou stagiaire transféré au sein d’un groupe
Test du marché de l’emploi ADEMOui (déclaration et certificat)Allégé par rapport à la voie salariéNon requis selon ce régime
Exigence de diplômeSelon le posteDiplôme supérieur ou expérience équivalenteStatut dans l’entreprise (cadre, expert, stagiaire)
RémunérationAu moins le minimum applicableSeuil spécifique plus élevéAu moins le minimum applicable
Nature du séjourTravail salarié au LuxembourgTravail hautement qualifié, facilités de mobilitéTemporaire et intragroupe
Lien avec l’employeurEmployeur établi au LuxembourgEmployeur établi au LuxembourgEntité d’accueil du même groupe

Selon votre profil

Pour l’employeur

L’employeur établi au Luxembourg déclare le poste vacant à l’ADEM et obtient un certificat de recrutement hors UE (test du marché de l’emploi) avant de finaliser l’embauche. Ce certificat est une pièce maîtresse du dossier de séjour du salarié. La priorité va aux candidats du marché national et européen.

Pour le salarié qualifié

Le salarié de pays tiers demande une autorisation de séjour temporaire avant l’entrée, un visa D si nécessaire, puis un titre de séjour après son arrivée et la déclaration à la commune. Il n’existe plus de permis de travail autonome : le droit de travailler découle de l’autorisation de séjour.

Pour le ressortissant de pays tiers

La voie salarié est la voie de droit commun lorsque le poste ne relève pas de la carte bleue européenne ni du transfert intragroupe (ICT). La rémunération doit au moins respecter le salaire social minimum applicable, et les délais dépendent du caractère pénurique ou non du métier.

Sources officielles

Cet article est une information générale et ne constitue pas un conseil juridique. Pour un avis adapté à votre situation, demandez une consultation.

FAQ

Questions fréquentes

Comment obtenir un permis de travail salarié au Luxembourg ?

Le recrutement d’un salarié hors UE se fait en deux volets. L’employeur déclare le poste vacant à l’ADEM et obtient un certificat de recrutement hors UE (test du marché de l’emploi). Le salarié demande ensuite une autorisation de séjour temporaire avant l’entrée, un visa D si nécessaire, puis un titre de séjour « travailleur salarié » après son arrivée et la déclaration à la commune.

Qui demande le permis, l’employeur ou le salarié ?

Les deux interviennent. C’est l’employeur qui déclare le poste vacant à l’ADEM et sollicite le certificat de recrutement hors UE. La demande de séjour est ensuite introduite par le salarié, qui peut mandater un tiers, dont l’employeur, pour accomplir certaines démarches. La coordination entre les deux volets est essentielle.

Combien de temps prend la procédure ?

Cela dépend notamment du métier, de la complétude du dossier et de la charge des administrations. Les métiers en pénurie sévère bénéficient généralement de délais plus courts côté ADEM. Le traitement d’un visa et l’instruction du séjour ajoutent des délais supplémentaires. Une planification anticipée est recommandée.

Faut-il un permis de travail distinct de l’autorisation de séjour ?

Non. Le droit luxembourgeois actuel ne prévoit pas de permis de travail autonome pour cette voie. C’est l’autorisation de séjour mentionnant la catégorie « travailleur salarié » qui confère le droit de travailler. Le terme « permis de travail » demeure d’usage courant, mais il recouvre en pratique l’autorisation de séjour salarié.

Qu’est-ce que le test du marché de l’emploi ?

C’est la vérification, par l’ADEM, qu’aucun demandeur d’emploi approprié bénéficiant d’une priorité n’est disponible sur le marché national ou européen pour pourvoir le poste. À l’issue de cette vérification, et si aucun candidat approprié n’a pu être proposé, l’employeur peut obtenir un certificat l’autorisant à recruter la personne de pays tiers de son choix.

Quelle différence avec la carte bleue européenne ?

La carte bleue vise les profils hautement qualifiés et suppose un diplôme supérieur ou une expérience équivalente, ainsi qu’une rémunération atteignant un seuil spécifique. La voie salarié est la voie de droit commun, applicable lorsque ces conditions ne sont pas réunies. Le choix dépend notamment du profil, du salaire et de la stratégie de mobilité.

Quelle différence avec l’ICT ?

L’ICT concerne le transfert temporaire d’un salarié au sein d’un même groupe international, depuis une entité hors UE vers une entité d’accueil au Luxembourg. Ce régime ne suit pas le test du marché de l’emploi propre à la voie salarié. La qualification du dossier (cadre, expert, stagiaire) est déterminante.

Le salarié peut-il entrer au Luxembourg avant l’autorisation ?

Non, pas pour prendre un emploi. La personne soumise à visa doit d’abord obtenir l’autorisation de séjour temporaire avant l’entrée, puis le visa D le cas échéant. Entrer et travailler avant cette autorisation expose à une situation irrégulière. Cela dépend de la nationalité et de l’obligation de visa.

Quelle rémunération minimale prévoir ?

La rémunération doit au moins respecter le salaire social minimum applicable, qui varie selon la qualification et le secteur. Les montants évoluent par voie réglementaire et doivent être vérifiés à la date de la démarche. Un salaire inférieur au minimum applicable expose à un refus.

Une profession réglementée change-t-elle la démarche ?

Oui. Pour une profession réglementée, une reconnaissance des qualifications ou une autorisation d’exercice peut être exigée en amont. Cette étape conditionne l’accès à l’emploi et donc l’aboutissement de la démarche de séjour. Il convient de la vérifier avant de signer le contrat.

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