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Immigration

Regroupement familial au Luxembourg : conditions, bénéficiaires et démarche

Par Maître Cora Maglo, Avocate à la Cour30 juin 2026Mis à jour le 5 juillet 202615 min

Relu et validé par un avocat inscrit au Barreau de Luxembourg.

Réponse rapide

Le regroupement familial permet à un résident du Luxembourg de faire venir son conjoint ou partenaire enregistré et ses enfants mineurs, parfois d’autres proches. Pour un ressortissant de pays tiers, il faut un titre de séjour durable, des ressources suffisantes, un logement adéquat et une assurance maladie. La demande s’introduit auprès de la Direction générale de l’immigration.

Le regroupement familial permet à une personne résidant légalement au Luxembourg (le « regroupant ») de faire venir certains membres de sa famille. Le régime dépend d’abord du statut du regroupant : citoyen de l’Union (libre circulation) ou ressortissant de pays tiers. Pour ce dernier, la loi modifiée du 29 août 2008 impose des conditions cumulatives : perspective de séjour durable, ressources stables et suffisantes, logement approprié et assurance maladie. Les bénéficiaires sont définis limitativement : conjoint ou partenaire majeur, enfants célibataires de moins de 18 ans, et sous conditions d’autres proches. La procédure se déroule en deux temps, avec un délai d’instruction en principe de neuf mois maximum. Un avocat en immigration sécurise le dossier.

En bref

  • Le régime dépend d’abord du statut du regroupant : citoyen de l’Union (libre circulation) ou ressortissant de pays tiers (loi de 2008).
  • Quatre conditions cumulatives pour le regroupant hors UE : perspective de séjour durable, ressources stables et suffisantes, logement approprié, assurance maladie.
  • Les bénéficiaires sont définis limitativement : conjoint ou partenaire majeur, enfants célibataires de moins de 18 ans, et sous conditions strictes d’autres proches.
  • Les ressources s’apprécient par référence au salaire social minimum pour travailleur non qualifié sur douze mois.
  • La procédure se déroule en deux temps : autorisation de séjour temporaire avant l’entrée, puis déclaration d’arrivée et titre après l’installation.
  • Le délai d’instruction est en principe de neuf mois maximum ; certaines catégories (carte bleue européenne, protection internationale) bénéficient d’un régime allégé.
Conditions du regroupant ressortissant de pays tiers
ConditionExplicationRisque si non respectée
Perspective de séjour durableLe regroupant doit avoir une perspective fondée d’obtenir un droit de séjour de longue durée. La durée de séjour préalable exigée dépend du titre détenu ; certaines catégories en sont dispensées.Demande déclarée prématurée ou irrecevable ; refus de la Direction générale de l’immigration.
Ressources stables, régulières et suffisantesRevenus permettant de subvenir aux besoins du foyer sans aide sociale, appréciés par référence au salaire social minimum pour travailleur non qualifié sur douze mois, avec évaluation prospective sur l’année suivante.Refus pour ressources insuffisantes, motif fréquent de rejet.
Logement appropriéLogement conforme aux critères légaux de salubrité et d’habitabilité (surface minimale, éclairage naturel, chauffage, eau courante, électricité).Refus pour logement inadapté ou non conforme.
Assurance maladieCouverture pour le regroupant et chaque membre de famille (attestation de couverture, certificat de co-assurance ou assurance privée).Demande incomplète ; suspension ou rejet de l’instruction.
Membre de famille éligibleLe lien doit correspondre à une catégorie prévue par la loi (conjoint majeur, enfant mineur, etc.).Demande hors champ ; refus.
Accord parental (enfant en garde partagée)Autorisation notariée de l’autre parent attestant l’accord d’établissement de l’enfant au Luxembourg.Demande bloquée pour l’enfant concerné.

Qui peut faire venir sa famille au Luxembourg ?

Le regroupement familial autorise un résident à faire venir son conjoint ou partenaire enregistré et ses enfants mineurs, parfois d’autres proches. Pour un ressortissant de pays tiers, il faut un titre de séjour durable, des ressources suffisantes, un logement adéquat et une assurance maladie.

La demande s’introduit auprès de la Direction générale de l’immigration. Cela dépend notamment de votre statut : le régime applicable est distinct selon que le regroupant est citoyen de l’Union ou ressortissant de pays tiers.

Définition précise : le regroupement familial

Le regroupement familial désigne la procédure par laquelle une personne déjà établie légalement au Luxembourg, appelée le « regroupant », obtient l’entrée et le séjour de certains membres de sa famille restés à l’étranger. Il ne s’agit pas d’un droit automatique pour toute la parenté : la loi détermine de manière limitative les personnes éligibles et les conditions que le regroupant doit réunir.

Le cadre juridique distingue nettement deux situations qu’il convient de ne jamais confondre : le membre de famille d’un citoyen de l’Union européenne (ou d’un ressortissant luxembourgeois), qui relève des règles de la libre circulation ; et le membre de famille d’un ressortissant de pays tiers, qui relève des dispositions sur le regroupement familial proprement dit.

Ces deux régimes obéissent à des conditions, des formalités et des documents différents. L’essentiel des conditions de ressources et de logement développées ci-dessous concerne le regroupant ressortissant de pays tiers.

Qui peut regrouper et qui peut être regroupé

Qui peut être regroupant. Schématiquement, peut introduire une demande : le citoyen de l’Union (ou ressortissant luxembourgeois) qui exerce son droit de séjour au Luxembourg, pour les membres de sa famille ressortissants de pays tiers ; le ressortissant de pays tiers titulaire d’un titre de séjour au Luxembourg, dès lors qu’il justifie d’une perspective fondée d’obtenir un droit de séjour de longue durée et qu’il remplit les conditions de ressources, de logement et d’assurance ; le bénéficiaire d’une protection internationale, selon un régime particulier plus favorable pour les conditions de logement et de ressources lorsque la demande est introduite dans un certain délai après l’octroi du statut.

Qui peut être regroupé (regroupant ressortissant de pays tiers). Selon la loi du 29 août 2008, la notion de membre de famille comprend notamment : le conjoint ou partenaire enregistré du regroupant, âgé de plus de 18 ans lors de la demande (le regroupement d’un conjoint n’est pas autorisé en cas de mariage polygame, si le regroupant a déjà un conjoint vivant avec lui au Luxembourg) ; les enfants célibataires de moins de 18 ans du regroupant et/ou de son conjoint ou partenaire, dont ils ont la garde et la charge, l’accord de l’autre titulaire du droit de garde étant requis en cas de garde partagée ; les ascendants en ligne directe au premier degré (père et mère) du regroupant ou de son conjoint, lorsqu’ils sont à charge et privés du soutien familial nécessaire dans leur pays d’origine ; les enfants majeurs célibataires du regroupant ou de son conjoint, objectivement incapables de subvenir à leurs besoins en raison de leur état de santé.

Des catégories supplémentaires existent pour le bénéficiaire de protection internationale, notamment au profit du mineur non accompagné (ascendants directs, et sous autorisation ministérielle, tuteur légal ou autre proche).

Cadre juridique

La pierre angulaire est la loi modifiée du 29 août 2008 sur la libre circulation des personnes et l’immigration, qui transpose notamment la directive 2003/86/CE relative au droit au regroupement familial et la directive 2004/38/CE sur la libre circulation des citoyens de l’Union. Les conditions du regroupant ressortissant de pays tiers figurent à l’article 69 de cette loi.

L’appréciation du logement approprié se réfère à la loi du 20 décembre 2019 relative aux critères de salubrité, d’hygiène, de sécurité et d’habitabilité des logements donnés en location ou mis à disposition à des fins d’habitation. Le niveau des ressources se mesure par référence au salaire social minimum pour travailleur non qualifié, dont le montant évolue avec les paramètres sociaux publiés par l’administration.

L’autorité compétente est la Direction générale de l’immigration du ministère des Affaires intérieures. Les textes consolidés sont publiés sur Légilux, et les démarches détaillées sur Guichet.lu.

Conditions du regroupant ressortissant de pays tiers

Pour le regroupant hors UE, la loi impose quatre conditions cumulatives, auxquelles s’ajoutent l’éligibilité du membre de famille et, le cas échéant, l’accord parental. Le tableau des conditions ci-dessous détaille chaque exigence et le risque en cas de non-respect.

La perspective de séjour durable suppose que le regroupant justifie d’une perspective fondée d’obtenir un droit de séjour de longue durée ; la durée de séjour préalable exigée dépend du type de titre détenu, certaines catégories en étant dispensées. Les ressources stables, régulières et suffisantes (salaires, honoraires ou revenus du patrimoine) doivent permettre de subvenir aux besoins du foyer sans recours à l’aide sociale, appréciées par référence au salaire social minimum pour travailleur non qualifié sur douze mois, avec évaluation prospective sur l’année suivant la demande. Le logement approprié doit être conforme aux critères légaux de salubrité et d’habitabilité (surface minimale, éclairage naturel, chauffage, eau courante, électricité). L’assurance maladie doit couvrir le regroupant et chaque membre de famille.

Le ministre peut, dans certains cas, émettre une décision favorable même lorsque le niveau de ressources n’est pas strictement atteint, en tenant compte de la stabilité de l’emploi, de l’évolution des revenus ou de la propriété du logement. Cela dépend notamment de l’appréciation individuelle du dossier.

Demander le regroupement familial : la procédure étape par étape

Pour un regroupant ressortissant de pays tiers, la procédure comporte deux étapes consécutives.

Avant l’entrée au Luxembourg. Le regroupant constitue le dossier et introduit une demande d’autorisation de séjour temporaire auprès de la Direction générale de l’immigration, par courrier, pour le compte du membre de famille. La Direction instruit la demande : le délai de réponse est en principe de neuf mois maximum, prorogeable dans des cas exceptionnels liés à la complexité du dossier. En cas d’accord, une autorisation de séjour temporaire valable 90 jours est délivrée ; le membre de famille soumis à visa demande ensuite un visa de long séjour (type D), ou entre directement s’il est dispensé de visa.

Après l’arrivée au Luxembourg. Dans les trois jours de son arrivée, le membre de famille effectue une déclaration d’arrivée auprès de l’administration communale de son lieu de résidence. Il se soumet, le cas échéant, au contrôle médical requis (et au dépistage de la tuberculose pour certaines tranches d’âge). Il introduit enfin la demande de titre de séjour « membre de famille », délivré après vérification ; le premier titre est généralement valable un an, renouvelable tant que les conditions restent réunies.

Pour le membre de famille d’un citoyen de l’Union, la logique diffère : la personne se présente, dans les trois mois de son arrivée, à l’administration communale pour solliciter une carte de séjour de membre de famille d’un citoyen de l’Union, le visa d’entrée éventuel étant délivré gratuitement.

Documents : checklist indicative

La liste exacte varie selon le lien de parenté et la situation. À titre indicatif, le dossier d’un regroupant ressortissant de pays tiers comprend généralement les pièces reprises dans la checklist ci-dessous : copie du passeport du membre de famille, preuve du lien familial, casier judiciaire, preuve des ressources sur douze mois, preuve d’un logement approprié, assurance maladie, autorisation parentale le cas échéant et preuve du virement de la taxe.

Les pièces établies à l’étranger peuvent devoir être traduites et légalisées ou apostillées. Vérifiez la liste à jour sur Guichet.lu et la note explicative de la Direction générale de l’immigration.

Délais

Instruction de l’autorisation de séjour temporaire : en principe neuf mois maximum ; l’absence de réponse dans ce délai peut valoir rejet implicite, sous réserve de prorogation pour les dossiers complexes.

Autorisation de séjour temporaire : une fois délivrée, valable 90 jours pour entrer sur le territoire. Déclaration d’arrivée : dans les trois jours suivant l’arrivée.

Première validité du titre de séjour : généralement un an, renouvelable ; des cas particuliers (par exemple famille déjà constituée dans un autre État membre) peuvent donner un titre de plus longue durée.

Séjour autonome : un titre de séjour autonome, indépendant du regroupant, peut être demandé au plus tard après cinq ans, ou plus tôt en cas de rupture de la vie commune dans des conditions particulièrement difficiles, notamment de violence domestique. Les délais administratifs réels peuvent varier selon la complétude du dossier et le volume de demandes.

Coûts

La procédure suppose le paiement d’une taxe de chancellerie par titre de séjour, à régler par virement au profit de la Direction générale de l’immigration. S’y ajoutent, selon les cas, les frais de visa, de traduction assermentée, de légalisation ou d’apostille des actes étrangers, ainsi que d’éventuels honoraires de conseil.

Les montants applicables évoluant, le tarif exact doit être vérifié sur Guichet.lu au moment du dépôt. Le présent article ne fixe aucun prix.

Risques et erreurs fréquentes

La matrice ci-dessous croise probabilité et impact pour les principaux risques : refus pour ressources insuffisantes (motif fréquent de rejet), dossier incomplet, lien familial hors champ, absence d’accord parental, rejet implicite faute de réponse dans le délai, ou logement jugé non conforme. Chaque risque est assorti d’une mesure de prévention.

Erreurs fréquentes. Confondre le régime « membre de famille d’un citoyen de l’Union » et le régime « regroupement familial d’un ressortissant de pays tiers ». Sous-estimer la condition de ressources et déposer sans pièces couvrant les douze mois requis. Oublier l’autorisation notariée du parent resté à l’étranger pour un enfant en garde partagée. Négliger l’assurance maladie ou présenter une couverture incomplète. Laisser passer le délai de déclaration d’arrivée de trois jours après l’entrée. Présenter des actes étrangers ni traduits, ni légalisés ou apostillés. Croire que tous les proches sont éligibles, alors que la loi définit limitativement les bénéficiaires.

Trois cas pratiques

Cas 1 : conjoint d’un salarié ressortissant de pays tiers. Un ingénieur titulaire d’un titre de séjour salarié souhaite faire venir son épouse. Il justifie d’un emploi stable, de ressources atteignant la référence légale, d’un logement conforme et d’une assurance. La demande d’autorisation de séjour temporaire est introduite avant l’entrée de l’épouse. Après accord, visa de long séjour, déclaration d’arrivée puis titre « membre de famille » d’un an. Le titre l’autorise par ailleurs à travailler au Luxembourg.

Cas 2 : enfants mineurs. Une résidente veut faire venir ses deux enfants de 8 et 12 ans. Le père vit à l’étranger et exerce un droit de visite. Outre les preuves de ressources, de logement et d’assurance, elle doit produire le jugement lui conférant la garde et l’autorisation notariée du père attestant son accord à l’établissement des enfants au Luxembourg. Sans cet accord, la demande relative aux enfants est susceptible d’être bloquée.

Cas 3 : refus pour ressources insuffisantes et recours. Un demandeur reçoit un refus motivé par des ressources jugées insuffisantes. Plusieurs voies existent : un recours gracieux auprès du ministre et/ou un recours contentieux devant le tribunal administratif dans le délai légal. Le dossier peut être renforcé en démontrant la stabilité de l’emploi, l’évolution des revenus ou la propriété du logement, éléments que le ministre peut prendre en compte. L’opportunité et la stratégie du recours dépendent notamment des motifs précis de la décision et des délais applicables.

Comparaison des régimes

Le tableau comparatif ci-dessous met en regard les trois configurations de regroupant : citoyen de l’Union, ressortissant de pays tiers et titulaire de la carte bleue européenne. Il porte sur la base juridique, la condition de durée de séjour préalable, les conditions de ressources et de logement, la formalité d’entrée et l’accès au marché du travail du membre de famille.

Ce tableau est une synthèse pédagogique ; la situation exacte dépend du dossier individuel. Le titulaire de la carte bleue européenne bénéficie d’un régime facilité, avec dispense de la condition de durée de séjour minimale et possibilité de joindre la demande des membres de famille à la sienne.

Arbre de décision

Le regroupant est-il citoyen de l’Union ou ressortissant luxembourgeois ? Si oui, régime « membre de famille d’un citoyen de l’Union », carte de séjour à demander à la commune. Si non, question suivante.

Le regroupant est-il bénéficiaire d’une protection internationale ? Si oui, régime particulier, conditions de logement et de ressources allégées selon le délai de demande. Si non, question suivante.

Le regroupant est-il titulaire d’une carte bleue européenne, d’un statut de chercheur, de travailleur transféré ou de résident de longue durée d’un autre État membre ? Si oui, régime facilité, dispense de la durée de séjour minimale. Si non, question suivante.

Le membre de famille relève-t-il d’une catégorie éligible (conjoint majeur, enfant mineur, etc.) ? Si non, demande hors champ. Si oui, dernière question. Les conditions de ressources, de logement et d’assurance sont-elles réunies ? Si oui, introduire la demande d’autorisation de séjour temporaire. Si non, renforcer le dossier avant tout dépôt.

Ce que retient Cerno Law Firm

Le regroupement familial au Luxembourg obéit à une architecture claire mais exigeante, où le statut du regroupant commande l’ensemble du parcours. Pour le ressortissant de pays tiers, la réussite tient à l’anticipation : ressources documentées, logement conforme, assurance complète et actes en règle.

Les seuils chiffrés et les formalités évoluant, la vérification sur les sources officielles au moment du dépôt reste indispensable. En cas de refus, des voies de recours existent et méritent une appréciation au cas par cas. Le département Immigration de Cerno Law Firm accompagne les résidents dans la constitution du dossier, l’analyse de leur situation et, le cas échéant, les recours. Pour un examen personnalisé, échangez avec notre équipe immigration.

Documents : checklist indicative du dossier
PiècePrécision
Passeport du membre de familleCopie intégrale en cours de validité
Preuve du lien familialActe de mariage, certificat de partenariat, acte de naissance, livret de famille
Casier judiciaireExtrait récent ou affidavit du conjoint/partenaire établi dans son pays de résidence
Preuve des ressourcesFiches de salaire, déclaration d’impôt couvrant les douze mois précédant la demande
Preuve d’un logement appropriéContrat de bail ou titre de propriété
Assurance maladieCouverture pour chaque personne
Autorisation parentale (enfant)Jugement de garde et/ou autorisation notariée du parent résidant à l’étranger, en cas de divorce ou de garde partagée
Taxe de chancelleriePreuve du virement applicable
Matrice des risques (probabilité / impact)
RisqueProbabilitéImpactMesure de prévention
Refus pour ressources insuffisantesÉlevéeÉlevéDocumenter la stabilité de l’emploi et l’historique de revenus ; anticiper l’évaluation prospective.
Dossier incomplet (assurance, logement, actes)ÉlevéeMoyenUtiliser une checklist à jour ; traduire et légaliser les actes en amont.
Lien familial non reconnu (catégorie hors champ)MoyenneÉlevéVérifier l’éligibilité du membre de famille avant tout dépôt.
Absence d’accord parental (garde partagée)MoyenneÉlevéObtenir l’autorisation notariée et la pièce d’identité du parent à l’étranger.
Rejet implicite faute de réponse dans le délaiMoyenneÉlevéSurveiller le délai ; préparer un recours en temps utile.
Logement jugé non conformeMoyenneMoyenVérifier la conformité aux critères de salubrité avant la demande.
Comparaison des régimes de regroupement familial
CritèreCitoyen de l’UnionRessortissant de pays tiersCarte bleue européenne
Base juridiqueLibre circulation (directive 2004/38/CE)Regroupement familial (art. 69, loi de 2008)Régime spécifique salarié hautement qualifié
Durée de séjour préalableNon applicable dans les mêmes termesPerspective de séjour durable requiseDispense de la condition de durée minimale
Conditions de ressources / logementLogique de libre circulationConditions cumulatives strictesAccès facilité, regroupement possible dès l’entrée
Formalité d’entréeCarte de séjour de membre de famille d’un citoyen de l’UnionAutorisation de séjour temporaire puis titreDemande des membres de famille souvent jointe à celle du salarié
Accès au marché du travailLargeAutorisé (titre « membre de famille »)Autorisé

Selon votre profil

Pour le regroupant citoyen de l’Union

Vous relevez du régime « membre de famille d’un citoyen de l’Union », plus proche de la libre circulation. Les membres de votre famille ressortissants de pays tiers sollicitent, dans les trois mois de leur arrivée, une carte de séjour de membre de famille d’un citoyen de l’Union auprès de la commune, le visa d’entrée éventuel étant délivré gratuitement.

Pour le regroupant ressortissant de pays tiers

Vous devez réunir quatre conditions cumulatives : perspective de séjour durable, ressources stables et suffisantes (référence au salaire social minimum sur douze mois), logement approprié et assurance maladie. La procédure se déroule en deux temps : autorisation de séjour temporaire demandée avant l’entrée, puis déclaration d’arrivée et titre « membre de famille » après l’installation.

Pour la famille (bénéficiaires)

Les bénéficiaires sont définis limitativement : conjoint ou partenaire enregistré majeur, enfants célibataires de moins de 18 ans à charge, et sous conditions strictes ascendants au premier degré à charge ou enfants majeurs incapables de subvenir à leurs besoins pour raison de santé. Le titulaire d’un titre « membre de famille » est en principe autorisé à travailler au Luxembourg.

Pour le bénéficiaire d’une protection internationale

Vous disposez d’un régime particulier plus favorable : les conditions de logement et de ressources ne sont exigées que si la demande est introduite après un certain délai suivant l’octroi du statut. Des catégories supplémentaires de bénéficiaires existent, notamment au profit du mineur non accompagné (ascendants directs, tuteur légal ou autre proche sous autorisation ministérielle).

Sources officielles

Cet article est une information générale et ne constitue pas un conseil juridique. Pour un avis adapté à votre situation, demandez une consultation.

FAQ

Questions fréquentes

Qui peut demander le regroupement familial au Luxembourg ?

Peut être regroupant le citoyen de l’Union (ou ressortissant luxembourgeois) exerçant son droit de séjour, le ressortissant de pays tiers titulaire d’un titre de séjour justifiant d’une perspective de séjour durable, et le bénéficiaire d’une protection internationale selon un régime particulier. Le statut du regroupant détermine le régime applicable et les conditions à remplir.

Quelles conditions de revenus et de logement ?

Pour le regroupant hors UE, les ressources doivent être stables, régulières et suffisantes, appréciées par référence au salaire social minimum pour travailleur non qualifié sur douze mois, sans recours à l’aide sociale. Le logement doit répondre aux critères légaux de salubrité et d’habitabilité (surface minimale, éclairage naturel, chauffage, eau courante, électricité). Le montant exact évoluant, vérifiez-le sur Guichet.lu.

Combien de temps prend la procédure de regroupement familial ?

Le délai de réponse de la Direction générale de l’immigration à la demande d’autorisation de séjour temporaire est en principe de neuf mois maximum, prorogeable dans des cas exceptionnels liés à la complexité du dossier. En l’absence de réponse, la demande peut être considérée comme rejetée. Les délais réels varient selon la complétude du dossier et le volume de demandes.

Quelle différence entre membre de famille d’un citoyen de l’Union et regroupement familial d’un ressortissant de pays tiers ?

Ce sont deux régimes distincts. Le premier relève de la libre circulation et de formalités allégées auprès de la commune. Le second relève de la loi de 2008 sur le regroupement familial, avec des conditions cumulatives de ressources, de logement et d’assurance, et une procédure en deux temps via la Direction générale de l’immigration. Le statut du regroupant détermine le régime applicable.

Qui peut être regroupé ?

La loi définit limitativement les bénéficiaires : le conjoint ou partenaire enregistré majeur, les enfants célibataires de moins de 18 ans à charge, et, sous conditions, les ascendants au premier degré à charge ou les enfants majeurs incapables de subvenir à leurs besoins pour raison de santé. Le bénéficiaire de protection internationale dispose de catégories supplémentaires. Tous les proches ne sont pas éligibles.

Faut-il une assurance maladie ?

Oui. Le regroupant doit prouver une couverture d’assurance maladie pour lui-même et chaque membre de famille, sous forme d’attestation de couverture, de certificat de co-assurance ou d’assurance privée valable pendant le séjour. L’absence de couverture rend le dossier incomplet.

Mon conjoint pourra-t-il travailler au Luxembourg ?

Le titulaire d’un titre de séjour « membre de famille » est, en l’état des règles, autorisé à exercer une activité salariée ou indépendante au Luxembourg. La mention figurant sur le titre peut préciser cette autorisation. Vérifiez votre situation exacte sur Guichet.lu et auprès de la Direction générale de l’immigration.

Existe-t-il un régime particulier pour la carte bleue européenne ?

Oui. Le titulaire d’une carte bleue européenne bénéficie d’un régime facilité : dispense de la condition de durée de séjour minimale et possibilité de joindre la demande des membres de famille à la sienne, permettant un regroupement dès l’entrée. Les conditions précises et seuils sont à confirmer sur Guichet.lu et dans la fiche dédiée à la carte bleue.

Que se passe-t-il pour un enfant en garde partagée ?

Le regroupement d’un enfant mineur en garde partagée suppose l’accord de l’autre titulaire du droit de garde, matérialisé par une autorisation notariée attestant son accord à l’établissement de l’enfant au Luxembourg, accompagnée d’une pièce d’identité. Sans cet accord, la demande relative à l’enfant est susceptible d’être bloquée.

Que faire en cas de refus ?

Un refus peut être contesté par un recours gracieux auprès du ministre et/ou un recours contentieux devant le tribunal administratif, dans le délai légal. Le dossier peut être renforcé selon les motifs de la décision. La stratégie dépend notamment des motifs précis et des délais ; un avocat peut en évaluer l’opportunité.

Puis-je obtenir un titre de séjour indépendant du regroupant ?

Oui. Le membre de famille peut demander, au plus tard après cinq ans, un titre de séjour autonome s’il justifie de ressources suffisantes. Ce droit peut aussi être sollicité plus tôt, sans condition de durée antérieure, lorsqu’une rupture de la vie commune dans des conditions particulièrement difficiles l’exige, notamment en cas de violence domestique.

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